Vendredi 13 mars 2009 5 13 /03 /Mars /2009 16:55
 
Merck, Pfizer, Roche… Restructurations, petits effets et grandes incertitudes.

Merck rachète Schering-Plough pour 41.1 milliards de dollars et consolide sa deuxième place du classement mondial de l'industrie pharmaceutique, derrière Pfizer qui s'était offert Wyeth pour 68 milliards de dollars en janvier dernier. L'opération de rachat en cours de Genetech, par le géant suisse Roche, illustre aussi l'activisme d'un secteur sur la défensive mais qui ne reste pas inerte. Une manière très affirmée pour les géants de croître, dans une période qui n'augure rien de bon pour le secteur, particulièrement aux États-Unis.

Première source d'inquiétude pour nos "big pharmas" : l'échéance des brevets. Merck perdra l'exclusivité en 2010 et en 2012 sur deux produits phares, respectivement Cozaar (3.6 milliards d'euros de ventes en 2008) et Singulair (4.3 milliards d'euros en 2008).Le rachat de Schering permet à Merck de récupérer un portefeuille de 18.9 milliards de dollars de médicaments dont neuf en phase finale de test. Rassurant ? Les évolutions réglementaires et notamment la réforme du système de santé américain, promise par Barack Obama, devraient contribuer à accroître la pression sur les bénéfices de ces sociétés. Le renforcement des programmes fédéraux publics, Medicare et Medicaid, pourrait déboucher sur la hausse des commandes de génériques mais également sur une pression à la baisse du prix des médicaments. L'évolution de la fiscalité sur ces sociétés pourrait de surcroît effriter un peu plus leurs résultats pour les prochains exercices.

Enfin, les échecs commerciaux récents de Pfizer sur le Vioxx, qui a connu un rappel sans précédent, démontrent la fragilité du modèle économique fondé sur les "blockbusters". La plupart des domaines à fort potentiel (cholestérol, diabète, hypertension, antiasthmatique…) sont désormais systématiquement concurrencés par des génériques. Nous sommes au début d'une période de fusions mais cet antidépresseur à court-terme ne saurait remplacer un changement de modèle économique. L'essor des biotechnologies, la diversification des portefeuilles de molécules devraient, à doses homéopathiques, permettre à ces futurs géants d'effectuer leur mue dans un environnement économique de plus en plus aride.

Edito CHART'S N°716
Par charts1991 - Publié dans : Santé - Communauté : actualités financières
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Vendredi 6 mars 2009 5 06 /03 /Mars /2009 16:58

AIG n'en finit pas de vider les poches trouées du Trésor américain.

Depuis des mois, la crise nous habitue à jongler avec des chiffres qui nous dépassent. Difficile en effet de prendre la mesure des milliards de dollars ou d'euros réquisitionnés ici et là par les gouvernements pour sauver la finance mondiale. Si ces montants astronomiques sont bien souvent présentés comme des cautions virtuelles, il en est d'autres qui appartiennent bel et bien au domaine du réel.

En la matière, la perte de 100 milliards de dollars publiée au titre de l'année 2008 par le poids lourd américain de l'assurance, AIG, a de quoi donner le vertige. Malgré sa ronde douceur, le chiffre jette une lumière crue sur l'ampleur des dégâts causés par la crise et surtout le chemin qui reste encore à parcourir pour redresser la barre. Outre le fait que ce montant constitue un (triste) record pour une entreprise, il force pour la quatrième fois en six mois le gouvernement américain à mettre la main à la poche pour sauver l'assureur du naufrage ; un feuilleton qui semble sans fin : le groupe, qui a déjà consommé 150 milliards d'argent public, vient ainsi d'obtenir une rallonge de 30 milliards supplémentaires.Et si tout le monde s'accorde à dire qu'il faut à tout prix éviter une faillite de l'ex-géant, évoquant un risque systémique majeur, personne ne semble en mesure à l'heure actuelle de s'engager sur un dénouement aussi heureux.

La lassitude gagne d'ailleurs les marchés boursiers, blasés par la multiplication des injections massives de fonds publics depuis l'éclatement de la crise, et dont les effets restent pour l'heure encore très incertains. Ultime planche de salut, le gouvernement américain semble ainsi condamné à renflouer, même à contre cœur, AIG comme d'autres institutions en déroute de la finance américaine telles Citigroup, Fannie Mae ou encore Freddie Mac. Jusqu'à quand ? La course contre la montre et contre l'effondrement du système financier bat son plein.

Edito CHART'S N°715

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Vendredi 13 février 2009 5 13 /02 /Fév /2009 13:44
 
Les traders sont injustement désignés comme les boucs émissaires de la crise actuelle.

"Ne dites pas à ma mère que je suis trader dans une banque, elle me croit pianiste dans un bordel" serait-on tenté de réagir, en paraphrasant Jacques Séguéla, à l'écoute de l'opprobre jetée sur les membres de cette profession, qui se diffuse dans l'opinion et qu'alimentent les pouvoirs publics. Il n'y a pas de noblesse dans le trading, mais pas d'infamie non plus. Les traders ne sont pas des parasites. Par leur propension à consommer et les prélèvements dont ils sont l'objet ils jouent un rôle considérable d'entraînement de l'économie et de financement de la protection sociale dans les pays où ils sont à l'œuvre.

Surtout,les traders ne sont pas les principaux responsables de la crise actuelle. Leur culpabilité semble en effet dérisoire si on la compare à celle des inventeurs des prêts "subprime" à taux variable, conçus pour rendre possible l'accession à la propriété à des ménages sans revenus, sans emploi, ni patrimoine ; à celle des titrisateurs qui ont agrégé ces risques individuels pour en faire des créances négociables sur les marchés ; aux distributeurs de ces produits, qui ont cru que découper un risque en sous-éléments l'annulait alors qu'ils le disséminaient, depuis les Etats-Unis, au reste de la planète ; aux gérants de fonds ou de fortune enfin, qui ont voulu dynamiser la performance de leurs portefeuilles sans prendre véritablement la mesure de ce à quoi ils exposaient les intérêts de leurs clients.

Et que dire des autorités de tutelle, inertes, silencieuses et qui n'ont rien vu venir ? Les traders sont payés pour prendre des risques , dans des limites strictement définies, dans le respect de la réglementation et conformément à la mission que leur confie leur employeur. Cela n'en fait pas, à de très rares exceptions, des irresponsables.

Les activités de trading, très lucratives, permettent de surcroît aux banques dites universelles de "subventionner" leurs autres activités, et tout particulièrement les services aux particuliers. Bien sûr que des excès (bonus garantis, primes versées sans attendre les résultats complets des opérations initiées) doivent être combattus. Mais suggérer que ce faisant on a compris l'origine de la crise, qu'on la combat et qu'on empêchera son éventuel retour est une fable qui n'emporte l'adhésion que des simples d'esprit.

Edito CHART'S N°712 
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Vendredi 23 janvier 2009 5 23 /01 /Jan /2009 12:21
 
La crise bancaire frappe de plein fouet le Royaume-Uni.

Les festivités organisées pour l'investiture de Barack Obama n'auront pas distrait des marchés financiers à la mine défraîchie en ce début d'année, et qui sont restés insensibles à l'allégresse du moment comme s'ils signifiaient leurs réserves quant à l'ampleur de la tâche de reconstruction. Les investisseurs ont ainsi boudé l'événement médiatique de la semaine pour se focaliser sur les déboires de nos voisins anglais.

L'annonce d'un nouveau plan de sauvetage colossal de l'économie britannique a agi comme une douloureuse piqûre de rappel sur la fragilité persistante du secteur bancaire, particulièrement de l'autre côté de la Manche. L'économie britannique est, en Europe, de loin la plus impliquée dans les domaines de la banque d'investissement et des activités de marché : si la City s'écroule ce sera assurément l'enfer pour le pays. Face à l'urgence, le premier ministre Gordon Brown a donc dévoilé un nouveau plan gigantesque de soutien aux banques, visant à relancer les prêts en les garantissant. Et, en guise de paquet cadeau, il en a profité pour fustiger leur "irresponsabilité". L'annonce concomitante par Royal Bank of Scotland d'une perte de 28 milliards de livres en 2008 cadrait en effet assez mal dans le tableau et méritait sans doute un commentaire.

C'est le deuxième plan de relance massif annoncé en seulement trois mois chez nos voisins britanniques. Le gouvernement va investir 50 milliards de Livres supplémentaires pour renflouer le système bancaire. Gordon Brown s'en défend, mais à force de remaniements, ces plans de sauvetage ressemblent à s'y méprendre à un chèque en blanc adressé à un secteur qui vacille sur son socle. L'économie britannique vit, à n'en pas douter, l'une des pires crises de son histoire.

Sa monnaie en subit d'ailleurs les conséquences directes : la Livre Sterling, cible privilégiée des investisseurs et spéculateurs de tout poil, s'enfonce dans un puits sans fond face à toutes les devises majeures. A tel point que l'euro pourrait s'offrir prochainement une victoire symbolique : la parité face à la Livre. Décidément, on aura tout vu.
  

Edito CHART'S N°709
Par charts1991 - Publié dans : Crise Boursière, Financière, Relance
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Vendredi 16 janvier 2009 5 16 /01 /Jan /2009 11:50

Une relance généralisée de l'inflation s'organise pour sortir de la crise.


"Un seul être vous manque et tout est dépeuplé", disait Lamartine dans son poème. Considérée comme l'ennemi public numéro un depuis les années 80, l'inflation est aujourd'hui terrassée. Et après tout, les banques centrales, notamment en Europe, n'ont fait là que leur travail.


Pourtant, ce ne sont pas des cris de victoire qui accompagnent sa disparition mais bien de vives inquiétudes. Car, ironie du sort, c'est désormais son pendant, la déflation (baisse des prix), qui nous menace. Un mal encore plus terrible, qui a fait vivre au Japon l'une des pires crises de son histoire, et dont le souvenir devrait faire frémir n'importe quel banquier central aux commandes d'une politique monétaire aujourd'hui.


C'est le scénario à éviter à tout prix, quitte à faire ressurgir nos vieux démons inflationnistes du placard. Ainsi, les instances monétaires sont-elles en train de baisser pavillon les unes après les autres. Les Etats-Unis ont entamé une politique monétaire à taux zéro et le Royaume-Uni en prend le chemin. L'objectif est de réagir vite avant que l'inflation ne devienne effectivement négative. En zone euro, la politique monétaire est à l'image de la croissance économique : sans excès. La Banque centrale européenne (BCE) reste pour l'instant à la traîne au sein de ce mouvement généralisé.


Certes, après avoir combattu ce fléau pendant tant d'années, il y a quelque chose de troublant à souhaiter aujourd'hui son retour. Et pourtant, l'inflation est le compagnon de route idéal pour sortir d'une crise de la dette. Et compte tenu des plans de sauvetage gigantesques qui sont à l'œuvre actuellement, les Etats devraient au final absorber une grosse partie de l'endettement des ménages et des banques, faisant ainsi croître fortement les déficits publics dans les années qui viennent. La relance de l'inflation, qui rend moins onéreux le financement de ces déficits par les gouvernements, qui démonétise aussi le stock des dettes, pourrait alors constituer un remède de premier choix.


En matière de politique économique, les vérités d'hier ne sont pas celles de demain. Ainsi, l'inflation pourrait devenir rapidement notre meilleure alliée face à la crise et vraisemblablement la seule issue de secours face aux dangers plus grands encore qui nous menacent. A condition toutefois de parvenir à relancer la machine économique et financière, donc inflationniste. C'est l'enjeu du moment.


Edito CHART'S N°708


Prochain édito : vendredi 23 janvier
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Vendredi 9 janvier 2009 5 09 /01 /Jan /2009 15:09

Les marchés boursiers devraient difficilement tourner la page d'une année 2008 désastreuse.

Avec une chute de 42.6%, le Cac 40 a clôturé la pire année de son histoire, à l'image des autres indices européens. Si chacun est évidemment pressé de tourner la page, ce serait commettre une erreur que de la déchirer.

Les leçons doivent être tirées au-delà du traditionnel grief adressé aux spéculateurs en période de crise boursière ; et avoir un véritable débat de fond sur les futures réglementations à mettre en place, au regard de la propension naturelle de l'industrie financière à contourner ces règles par le biais de l'ingénierie financière. Cette analyse doit être réaliste, approfondie et sans complaisance. Née aux Etats-Unis, la crise a été d'abord immobilière, puis financière, avant de toucher la consommation et, par effet de contagion désormais, la croissance mondiale. Dans ce contexte, les banques centrales ont fait tout ce qu'elles pouvaient pour limiter la casse, déversant un flot de liquidité sur les économies et abaissant pour certaines leur taux d'intérêt jusqu'à des niveaux planchers.

Ces mesures d'urgence étaient incontournables mais n'auront pas réussi à véritablement réinstaller la confiance sur les marchés. La conjoncture mondiale se dégrade d'ailleurs à toute allure. Le Fonds monétaire international (FMI) est sur le point d'abaisser encore ses prévisions de croissance qu'il estimait, début novembre, à 2.2% pour l'année 2009. Ainsi, la crainte que les actions conjointes des banques centrales et des Etats ne suffisent à éviter une dépression mondiale est encore vive. Les gouvernements sont d'ailleurs sur la brèche, et seront amenés très certainement à muscler encore leurs plans de relance.

Autant de pilules que les marchés financiers convalescents avaleront sans réticence pour soulager leur douleur. Mais si l'accalmie de ce début d'année laisse entrevoir une lueur d'espoir pour 2009, la véritable flamme ne devrait très certainement pas jaillir avant l'été prochain.  

Edito CHART'S N°707

 Toute l'équipe de CHART'S vous souhaite une excellente année 2009 !

Par charts1991 - Publié dans : Crise Boursière, Financière, Relance - Communauté : actualités financières
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Vendredi 19 décembre 2008 5 19 /12 /Déc /2008 09:53

Prière de contacter Ben Bernanke.

Bonne ou mauvaise, la stratégie de la Réserve fédérale américaine (Fed) et de son patron Ben Bernanke a au moins le mérite d'être claire. En décidant de se doter d'un taux directeur fluctuant entre 0% et 0.25%, à son plus bas niveau historique, la Fed a frappé fort, dépassant les attentes du marché.


Cet assouplissement monétaire, comme les neuf précédents depuis l'été 2007, a ainsi pour vocation d'aider les banques à se refinancer à faible coût en leurs permettant d'emprunter à un taux quasiment nul. Le loyer de l'argent se retrouve en effet désormais réduit à sa plus simple expression. A travers ce geste, l'institut monétaire choisit donc délibérément d'ouvrir le maximum de vannes pour éteindre l'incendie qui ravage l'économie mondiale. Ben Bernanke démontre ainsi qu'il préfère larguer des billets de banque par hélicoptère plutôt que de se faire manger à la sauce déflationniste. De nombreuses voix s'élèvent d'ailleurs pour dire que ce geste ne suffira pas et que la Fed sera très rapidement contrainte d'innover en matière d'assouplissement monétaire pour parvenir à ses fins.

En Europe, la banque centrale, portée depuis 30 ans par la bataille déclarée contre le fléau de l'inflation galopante, semble encore hésitante à emboiter le pas de son homologue américaine. Adhérer à cette stratégie agressive obligerait en effet les gardiens du temple monétariste à punaiser un voile sur les risques de retour de l'inflation que cette montagne d'argent injectée dans le système pourrait risquer de provoquer tôt ou tard. Aux Etats-Unis en revanche, le hasard a voulu que Ben Bernanke, spécialiste éminent de la crise de 1929 et de la déflation japonaise des années 90, soit à la tête de la Réserve fédérale au moment où son pays traverse une profonde crise financière et économique. De la théorie à la pratique, il n'y qu'un pas qu'il doit désormais franchir. Car il faut se demander si dans pareille situation, souhaiter le retour de l'inflation ne serait pas finalement un moindre mal.

EDITO CHART'S N°706

Prochain rendez-vous : vendredi 9 janvier 2009 

D'ici là, nous vous souhaitons d'excellentes fêtes de fin d'année !

Par charts1991 - Publié dans : USA - Communauté : actualités financières
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Vendredi 12 décembre 2008 5 12 /12 /Déc /2008 15:46

Les Etats-Unis enregistrent les pires destructions d'emplois depuis 34 ans.

Si les investisseurs cherchaient des raisons de se réjouir à l'approche des fêtes de fin d'année, ce ne sont pas les chiffres de l'emploi publiés aux Etats-Unis vendredi dernier qui les auront rassurés. Au contraire, ces derniers ont agi comme une douloureuse piqûre de rappel sur l'état de santé calamiteux de l'économie outre-Atlantique, donc par extension quasi mondiale.

Et pour cause, l'Oncle Sam a perdu un demi-million d'emplois en novembre, portant du même coup le taux de chômage à 6.7% de la population active. Même les économistes, pourtant déjà pessimistes au départ, ne s'attendaient pas à un tel naufrage. Comme toujours dans une telle période, les comparaisons historiques pleuvent, et nous rappellent ainsi que les Etats-Unis n'ont pas perdu autant d'emplois en un mois depuis décembre 1974, lors du premier choc pétrolier. Au total, pas moins de 1.9 million de personnes ont perdu leur travail aux Etats-Unis depuis janvier.

Dans l'industrie, la plupart des secteurs sont concernés, même si l'automobile est particulièrement pointée du doigt.
Plus inquiétant, les services, un temps épargnés, sont désormais également dans l'œil du cyclone. Sur la seule semaine dernière, ATT a annoncé le licenciement de 12,000 personnes, l'éditeur de logiciel Adobe celui de 8% de ses effectifs, le fonds d'investissement Carlyle 10% et celui de Legg Mason 8%, le groupe de médias Viacom 7%.

Face au danger qui menace de plus en plus l'économie réelle, les gouvernements doivent s'attaquer de front au problème de l'emploi. Les banques centrales, de leur côté, abaissent désormais sans calcul leurs taux d'intérêt, de la Réserve Fédérale américaine en passant par la Banque d'Angleterre. Même réticente, la banque centrale européenne a finalement coupé la semaine dernière de 75 points de base son principal taux directeur, du jamais vu. Des cadeaux de Noël que les marchés n'ont pas boudé qui mais ne suffiront pas à illuminer la fin d'année. En attendant des jours meilleurs, espérons-le dès 2009.

 

EDITO CHART'S N°705

 

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Vendredi 5 décembre 2008 5 05 /12 /Déc /2008 12:30
En multipliant les objectifs sans les hiérarchiser les architectes de la relance travaillent dans l'éphémère et s'exposent à des déconvenues.

A vouloir voir dans la crise actuelle la fille ainée de celle de 1929 les gouvernements, partout dans le monde, concoctent sans réticence des plans de relance. L'incendie bancaire semble éteint, le risque de crise financière s'estompe lentement et il est jugé désormais indispensable de tout faire pour que la débâcle ne gagne l'économie dite réelle : les ménages et les entreprises, qu'elles relèvent de l'industrie ou des services. La situation est grave et on se félicitera ici qu'il n'ait pas fallu trop argumenter pour que les pouvoirs publics en conviennent.

Hélas la confusion demeure, même s'ils veulent bien faire et - c'est l'essence de la politique - montrer qu'ils font bien. Tout le monde a compris que la bonde de l'orthodoxie financière a sauté - la belle aubaine - et on s'apprête donc à relancer sans retenue, et probablement sans discernement. Relancer quoi, avec quels objectifs, et comment ? Stimuler la demande ou renforcer l'offre ? Soutenir la consommation des ménages ou favoriser l'investissement des entreprises ? Construire l'avenir ou perfuser des secteurs (automobile et promotion immobilière en tête) dont la crise n'a fait que confirmer qu'ils n'avaient pas su se renouveler à temps ?

A ne pas choisir, à confondre action publique et clientélisme, la fameuse relance risque de n'avoir pour unique effet que de faire taire pour un temps les grognements corporatistes, sans préparer aucunement le pays à une sortie de récession à pleine puissance et sur des bases renouvelées. Il y a un vide sidéral qu'il paraît urgent de combler entre l'ampleur des moyens mis en œuvre et l'imprécision des buts qui semblent poursuivis.

Or la crise fournit une occasion remarquable d'une refonte de l'économie française ; et, osons le paradoxe, elle peut lui permettre de devenir plus forte qu'elle n'est actuellement. Les voies à emprunter sont tracées : privilégier l'investissement public et non les dépenses sociales de redistribution ; muscler les entreprises et non gonfler artificiellement la consommation des ménages ; investir dans les grands actifs mondiaux sur lesquels la France affiche une compétence et un talent réels : construction, transports, énergie, réseaux de communication et de transmission de données, environnement, économie de la connaissance. Choisir, en d'autres termes, l'avenir aux petits arrangements avec un présent trop pesant.

EDITO CHART'S N°704
Par charts1991 - Publié dans : Crise Boursière, Financière, Relance - Communauté : actualités financières
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Lundi 1 décembre 2008 1 01 /12 /Déc /2008 14:31

Le secteur de la sidérurgie fait le deuil de la fusion BHP - Rio Tinto.

 

L'échec de la méga-fusion entre les sidérurgistes BHP Billiton et Rio Tinto représente le symbole le plus visible de l'éclatement de la bulle spéculative sur les matières premières. Attendue depuis un an comme la plus grande acquisition de toute l'histoire depuis celle de Mannesmann par Vodafone en 2000, célébrée au plus haut de la bulle technologique, le montant de cette offre inamicale hors-normes entre les numéros deux et trois du secteur de la sidérurgie aurait dû alerter sur le degré d'irrationalité d'une telle opération, déclenchée dans l'exubérance des derniers mois qui précèdent un retournement du marché.

A l'époque, l'offre de 3.4 actions BHP pour une action Rio Tinto valorisait la cible 140 milliards de dollars. Entre temps, bien de l'eau est passée sous les ponts, astreignant au moins temporairement à la rouille ces experts des métaux ferreux. Car quelques mois et une crise financière plus tard, le montant de cette valorisation délirante a fondu comme neige au soleil. En effet, la division par deux ou trois depuis cinq mois du cours des principaux métaux a quelque peu rogné les perspectives de résultats de ces géants miniers et, par extension, sur leurs cours de Bourse.

Les griefs de la Commission européenne quant à l'opération envisagée, qui  auraient obligé BHP à vendre certaines activités, principalement dans le minerai de fer et dans le charbon, deux secteurs qui lui semblaient particulièrement attractifs, ont également été du plus mauvais effet. Enfin et pour couronner le tout, dans une période où le crédit est devenu aussi rare que cher, les dirigeants du groupe se sont inquiétés du niveau élevé d'endettement de leur cible. Concrètement, la charge de la dette de Rio Tinto estimée à 42 milliards de dollars aurait représenté un poids ingérable pour le nouvel ensemble.

La prudence aura donc fini par l'emporter dans cette affaire. Les experts le soulignent. Si les synergies entre les deux groupes, mises en avant par BHP pour justifier le projet, sont toujours là, personne ne semble désormais prêt à payer pour.

 

CHART'S N°703

Par charts1991 - Publié dans : Industries - Communauté : actualités financières
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